Pourquoi avons-nous tant de mal à nous écouter ?

Il y a parfois une petite voix à l’intérieur de nous qui murmure : « Ce n’est plus vraiment ce dont j’ai besoin » ;« Quelque chose doit changer » ; « J’aimerais autre chose… mais je ne sais pas quoi. ».

Et pourtant, nous continuons, nous avançons dans nos journées, nous travaillons, nous nous occupons des autres, nous gérons les imprévus… jusqu’au jour où nous nous rendons compte que nous ne savons plus très bien ce que nous ressentons, ni même ce dont nous avons besoin.

Et pour cela, il n’est pas toujours nécessaire de chercher immédiatement des réponses.

On peut commencer par quelque chose de beaucoup plus simple : revenir à son corps.

Nous avons appris à écouter les autres avant nous-mêmes

Depuis longtemps, nous recevons des messages sur ce qu’il faudrait être, faire ou réussir : être une « bonne » fille, une « bonne » mère, une « bonne » compagne, une professionnelle investie, une personne disponible…

Qu’est-ce qu’on attend de moi ? Est-ce que je fais bien ? Est-ce que je vais décevoir quelqu’un ? Est-ce que j’ai le droit de choisir autrement ?

 Autant de questions qui font que nos propres besoins peuvent devenir difficiles à entendre non pas parce qu’ils ont disparu mais parce que nous avons pris l’habitude de les faire passer après.

Nous sommes souvent très occupées à faire...

Notre quotidien laisse parfois peu de place à l’écoute intérieure, nous avançons très souvent en mode automatique. Nous faisons ce qui est prévu, puis ce qui est urgent, puis ce qui ne peut pas attendre et nous remettons à plus tard cette question pourtant essentielle : « Et moi, de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

Le problème, c’est que l’écoute intérieure demande un peu d’espace...encore faut-il avoir suffisamment ralenti pour l’entendre.

… Que nous n’entendons plus nos besoins.

Nous savons très bien ce que nous devons faire mais savons-nous encore ce dont nous avons besoin ?

La différence peut sembler simple, et pourtant elle ne l’est pas toujours. Nous avons parfois tellement intégré certaines habitudes ou responsabilités que nous ne nous posons même plus la question .

Mais lorsque nous recommençons à être attentives à nos sensations et à nos émotions, nous pouvons alors découvrir des besoins que nous avions mis de côté : un besoin de repos, de calme, de mouvement, de solitude, de lien. de changement peut-être…

Il ne s’agit pas forcément d’y répondre immédiatement, mais déjà de reconnaître qu’il existe.

La peur de ce que nous allons découvrir

S’écouter, ce n’est pas toujours confortable car si nous commençons réellement à entendre ce qui se passe en nous, certaines réponses peuvent nous déranger.

« Et si je réalise que je n’ai plus envie de continuer ainsi ? Et si j’ai besoin de changer quelque chose ? Et si ce que je désire n’est pas raisonnable ? Et si mes envies ne correspondent pas à ce que les autres attendent de moi ?

Il est souvent plus rassurant de ne pas trop écouter mais lorsque cela devient systématique, nous pouvons finir par nous éloigner de nous-mêmes.

C’est pourquoi apprendre à s’écouter peut aussi être une manière de retrouver progressivement confiance dans ses propres ressentis.

Et si nous commencions simplement par le corps ?

Avant même de chercher à comprendre ce que nous voulons ou ce qui ne va pas, nous pouvons commencer par observer ce qui se passe en nous.

Notre corps nous donne parfois des informations précieuses : une respiration qui se raccourcit, des épaules qui se contractent, une fatigue qui s’installe, une boule dans la gorge ou dans le ventre, une sensation d'oppression, un besoin de bouger ou, au contraire, de ralentir…

Nous n’avons pas toujours besoin d’analyser immédiatement ce que nous ressentons parfois, il suffit d’abord de remarquer : Comment est-ce que je me sens dans mon corps, là, maintenant ?

C’est une des portes d’entrée de la sophrologie : revenir aux sensations, à la respiration, à ce qui se passe ici et maintenant.

Peu à peu, cette présence à soi permet de mieux reconnaître ses états, ses émotions, ses besoins… mais aussi ses ressources.

S’écouter ne commence donc pas nécessairement par une grande réflexion. Cela peut commencer par quelques minutes pour respirer, ressentir, observer… et simplement être à l’écoute de soi. 

 

Retrouver son écoute intérieure, petit à petit

On peut commencer par de petites questions, posées régulièrement :

  • De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?
  • Comment est ce que je me sens dans mon corps ?
  • Qu’est-ce qui me demande beaucoup d’énergie ?...

ll n’y a pas toujours une réponse immédiate, l’écoute de soi est quelque chose qui se cultive. Petit à petit, on peut réapprendre à faire confiance à ses sensations, à écouter son corps, à accueillir ses émotions sans chercher tout de suite à les faire taire, et à reconnaître ses besoins.

Revenir à soi par le corps

C’est aussi ce que je souhaite transmettre dans mes accompagnements en sophrologie.

Avant de chercher à comprendre, à analyser ou à changer, il peut être précieux de revenir à quelque chose de beaucoup plus simple : son corps, sa respiration, ses sensations.

La sophrologie propose justement ce temps pour ralentir, se rendre disponible à ce qui se passe en soi et développer progressivement une meilleure conscience de son corps, de ses émotions et de ses ressources.

Parce que nous passons beaucoup de temps à penser, à anticiper, à organiser, à faire… et parfois si peu de temps à simplement ressentir.

Prendre quelques minutes pour soi, respirer, fermer les yeux, porter son attention sur ses sensations… peut sembler très simple et pourtant, c’est parfois le premier pas pour recommencer à s’écouter.


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