Faire confiance en l’avenir sans vouloir tout contrôler : le pas de côté qui nous libère
Août est un mois particulier, il porte une énergie de transition. Certains ralentissent, d’autres anticipent déjà septembre, organisent, prévoient, listent ce qu’il faudra faire. Entre le désir de repos et la préparation de ce qui vient, une question apparaît souvent en arrière-plan : comment avancer sereinement lorsque nous ne savons pas exactement ce que l’avenir nous réserve ?
Face à cela, nous avons souvent un réflexe naturel : vouloir davantage contrôler, contrôler nous donne l’impression d’être en sécurité mais cette sécurité est parfois plus fragile qu’elle n’y paraît.
Notre cerveau aime les certitudes
D’un point de vue psychologique et neuroscientifique, notre cerveau est programmé pour rechercher la sécurité. L’inconnu est souvent interprété comme une zone potentiellement menaçante. Lorsque nous ne savons pas ce qui va arriver, notre système nerveux peut entrer en état de vigilance. Nous réfléchissons davantage, nous analysons davantage, nous imaginons des scénarios futurs afin d’éviter une éventuelle difficulté. C’est un mécanisme profondément humain.
Le problème n’est pas d’anticiper, préparer l’avenir est souvent utile et nécessaire. Le problème apparaît lorsque nous commençons à vouloir contrôler ce qui ne dépend pas réellement de nous parce qu’à partir de ce moment-là, notre esprit travaille sans interruption. Il crée des hypothèses, des peurs, des possibilités, parfois même des problèmes qui n’existent pas encore.
Et plus nous essayons de tout maîtriser, plus nous pouvons ressentir une fatigue mentale importante comme si notre énergie était utilisée à surveiller l’horizon en permanence.
Et si la réponse n’était pas le « lâcher-prise » ?
Le terme « lâcher-prise » est souvent utilisé dans les domaines du bien-être, mais il peut parfois sembler abstrait. Lâcher quoi exactement ? Nous n’avons pas toujours quelque chose à relâcher entre nos mains.
En revanche, nous pouvons être enfermés dans une manière de voir une situation. Nous pouvons être attachés à un résultat précis, à un scénario imaginé ou à une attente particulière.
En sophrologie, j’aime davantage parler du pas de côté. Faire un pas de côté consiste simplement à déplacer son regard et à créer un peu plus d’espace à l’intérieur de soi. Changer légèrement notre perspective peut déjà modifier profondément notre ressenti.
Ce que nous cherchons vraiment à contrôler
Lorsque nous cherchons à tout contrôler, ce ne sont pas tant les événements eux-mêmes que nous essayons de maîtriser. Ce que nous cherchons souvent, c'est à faire disparaître l'incertitude.
Nous aimerions savoir à l'avance que notre projet aboutira, que notre décision sera la bonne, que les personnes que nous aimons iront bien. Nous cherchons des garanties, parce que l'inconnu nous met parfois mal à l'aise.
Pourtant, vouloir éliminer toute incertitude est une mission impossible. Plus nous essayons de prévoir chaque détail plus notre esprit produit de nouvelles questions. Une réponse en appelle une autre, puis encore une autre. L'impression de sécurité que nous recherchons s'éloigne au lieu de se rapprocher.
Contrôler n'est pas agir. On confond souvent les deux. Agir, c'est envoyer un mail, prendre un rendez-vous, s'inscrire à une activité, préparer son sac, avancer sur son projet. Contrôler, c'est refaire mentalement cinquante fois le scénario en espérant être sûr que tout se passera comme prévu.
Et c'est souvent en voulant tout contrôler que l'on s'épuise : non pas parce que la réalité est difficile, mais parce que nous passons beaucoup de temps à tenter de résoudre des situations qui n'existent pas encore. Nous attendons parfois de nous sentir totalement certains avant d'avancer. Nous voudrions voir toute la route avant de faire un pas. Pourtant, dans la réalité, nous avançons rarement avec toutes les réponses. Nous avançons parce que nous faisons confiance à notre capacité d'adaptation.
C'est peut-être là que réside la véritable confiance : non pas dans la certitude que tout se passera comme prévu, mais dans la certitude que nous pourrons répondre à ce qui se présentera Je peux choisir mes actions, mon attitude, les valeurs qui me guident mais je ne peux pas décider de chaque événement, de chaque réaction ou de chaque résultat.
Et lorsque nous cessons de lutter contre cette réalité, quelque chose commence souvent à se détendre en nous.
Une question qui change beaucoup de choses
Lorsque l’inquiétude apparaît, il peut être utile de se poser cette simple question : « Suis-je en train de préparer quelque chose ou suis-je en train d’essayer de contrôler l’incontrôlable ? »
Cette question est puissante parce qu’elle permet de retrouver de la clarté. Elle peut nous accompagner dans de nombreuses situations du quotidien :
- Vous préparez un nouveau projet professionnel et, au lieu de passer à l'action, vous passez des heures à imaginer tout ce qui pourrait mal se passer : Est-ce que cela va fonctionner ? Est-ce que je serai à la hauteur ? Et si personne n'était intéressé ?
- Ou bien la rentrée approche. Les enfants commencent une nouvelle activité. Immédiatement, votre esprit s'emballe : Est-ce que les horaires vont s'accorder ? Comment vais-je m'organiser ? Et si je n'arrive pas à tout gérer ?
Dans ces moments-là, il est utile de revenir à cette question : Suis-je en train de préparer concrètement ce qui dépend de moi ou suis-je en train d'essayer de résoudre aujourd'hui des problèmes qui n'existent pas encore ?
Souvent, quelques actions suffisent : inscrire les enfants, noter les horaires, planifier les trajets... Le reste se construira au fur et à mesure. Ce qui apaise, ce n'est pas de tout prévoir, c'est de faire le prochain pas.
Préparer est utile, prévoir peut-être rassurant mais contrôler excessivement finit souvent par nous épuiser.
Le pas de côté consiste alors à revenir vers l’essentiel : ce qui est là, maintenant car une grande partie de nos inquiétudes vit dans un futur imaginé.
Une petite pause sophrologique
Prenez quelques instants pour vous. Installez-vous confortablement.
Fermez doucement les yeux si cela vous convient et prenez une profonde respiration lente et profonde et prenez un temps pour vous relier aux différentes sensations qui émergent dans votre corps.
Imaginez maintenant un chemin devant vous, vous ne voyez pas toute la route. : une légère brume masque l’horizon.
Sous vos pieds, le sol est stable. Vous n’avez pas besoin de voir dix kilomètres plus loin, vous avez simplement besoin de sentir le prochain pas. Respirez à nouveau. Puis laissez résonner intérieurement ces quelques phrases :
- Je peux avancer sans tout savoir.
- Je peux faire confiance à mes ressources.
- Je peux accueillir ce qui vient sans vouloir tout maîtriser.
Prenez un instant pour apprécier ce moment puis revenez ici et maintenant.
Le pas de côté qui nous libère
Peut-être qu’au fond, faire confiance en l’avenir ne consiste pas à voir toute la route. Peut-être que cela consiste simplement à faire le prochain pas, en sachant que nous saurons nous ajuster au fur et à mesure.
Après tout, nous l'avons déjà fait tant de fois. La vie ne nous demande pas de tout contrôler. Elle nous invite simplement à être présents, disponibles et suffisamment confiants pour continuer à avancer. Et peut-être que le véritable pas de côté consiste justement à quitter l'illusion du contrôle pour revenir à ce qui dépend de nous, ici et maintenant. C'est souvent dans ce léger déplacement du regard que naît une sérénité plus profonde.
Faire un pas de côté est parfois plus facile lorsqu'on est accompagné. Si vous souhaitez découvrir comment la sophrologie peut vous aider à retrouver davantage de sérénité et de confiance face aux changements de la vie, je vous invite à me contacter.

